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Auteur/autrice : Olivier Loubiere

LECHAGE des HAUSSES et RISQUES SANITAIRES : ATTENTION à la METHODE !

Dr A. LE JAN

L’efficacité des abeilles pour le nettoyage des hausses est précieuse : le léchage du miel résiduel évite le problème de la fermentation des cadres de hausse et ce faisant, les oeufs et petites larves de fausse teigne sont aussi éliminés avant le stockage hivernal.

Problème si les hausses à lécher sont installées en plein air, un pillage massif se développe rapidement (photo 1).

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Photo 1 : Nuée d’abeilles pillardes en plein air.

Or le pillage, avec la dérive, est le principal mode naturel de transmission des maladies apicoles entre colonies :

Dans le cas des hausses mises à lécher en plein air, les butineuses de tous les ruchers du secteur s’infestent par contact, puis ramènent à leurs ruches le miel ingéré pour le stocker en réserve. Les contaminants du miel se redispersent alors au sein de la colonie d’origine que ce soit par le contact, ou par la trophallaxie au fur et à mesure de sa consommation (photo 2). Les signes de maladies peuvent ainsi n’apparaître qu’au printemps suivant alors que le pillage date de la saison apicole précédente.

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Photo 2 : Trophallaxie

Pour rappel, le rayon habituel de butinage s’étend en moyenne de 1,5 à 5 km (voire jusqu’à 10 km en période de disette) et le miel est beaucoup plus attractif que le nectar pour les abeilles.

Quels sont les risques de contamination des colonies lors de pillage ?

* Transmission d’agents pathogènes par le contact :

Transmission de Varroas entre abeilles : infestation des butineuses saines et surinfestation des contaminées -> Augmentation des taux d’infestation de toutes les colonies (figure 1). D’où l’importance du comptage des varroas et du traitement acaricide longue durée dès la récolte faite.

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Figure 1 : Effet d’une réinfestation sur l’évolution annuelle du taux d’infestation en varroas selon leur nombre en sortie d’hiver. Seuil économique critique de 2000 varroas (SNGTV).

Et avec les varroas, les nombreux virus dont ils sont les vecteurs (DWV, ABPV, SBV, BQCV…). Contact des pillardes avec les bactéries et spores présentes sur les rayons et les abeilles (agents de la

loque américaine et européenne, nosémose, scosphérose).

Contact possible avec des espèces invasives présentes sur les rayons (Aethina tumida) et sur les abeilles (Tropilaelaps sp.).

* Transmission par ingestion d’un miel possiblement contaminé :

Ingestion de bactéries pathogènes : Nosema sp., Ascosphéra apis, Paenibacillus larvae (loque américaine) et Melissococcus plutonius (loque européenne) qui résiste plus d’un an dans le miel.

Ingestion de spores, trés résistantes :
Spores de Paenibacillus larvae (résistance dans le miel > 1 an), Nosema sp. (4 mois), Ascosphéra apis (4 ans).
Mais aussi spores botuliques (contamination du miel par la bactérie Clostridium botulinum lorsque hausses, cadres, lève-cadres ont été posés au sol, ou si la ruche n’est pas suffisament surélevée).

Point très important : la pose d’une grille à reine entre le corps et la hausse en début de miellée prévient l’élevage de couvain et le développement de ses maladies et leurs germes au sein des cadres à récolter (loque américaine et européenne, ascosphérose).

Ingestion de résidus de pesticides (médicaments vétérinaires, produits phytosanitaires).

D’où les précautions à prendre par l’apiculteur pour un léchage des hausses…sans pillage :

Jamais de hausse à l’air libre ! Pendant la récolte au rucher, seule solution pour enrayer un pillage important : recouvrir les hausses d’un linge mouillé (photo 3).

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Photo 3 : Protection contre le pillage pendant la récolte.

Pour les petits ruchers, il est aisé de replacer les hausses sur leur corps d’origine à l’issue de l’extraction et ce pour 24 à 48 H au-dessus d’un plateau chasse-abeille (figure 316). Le stockage des hausses se fera ensuite en cheminées, aérées et protégées des rongeurs, de préférence.

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L’exploitation apicole importante placera les hausses en chambre froide après l’extraction (photo 4).

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Photo 4 : Chambre froide hermétique

En conclusion :

Si les hausses sont laissées à l’air libre, les risques sanitaires sont majeurs pour toutes les colonies d’un territoire, particulièrement dans les zones à forte densité de ruchers. Des précautions sont à prendre pour que le léchage des hausses garde son intérêt hygiénique et ne soit pas une invitation au pillage de grande ampleur, principal mode de transmission des maladies apicoles entre colonie.

Dr A. LE JAN

La sécheresse expérimentale à long terme modifie le parfum floral

La sécheresse expérimentale à long terme modifie le parfum floral et les visites de pollinisateurs dans une communauté végétale méditerranéenne malgré des impacts globalement limités sur le phénotype, l’aspect général des plantes et leur reproduction.

 Coline Jaworski, et al https://doi.org/10.1111/1365-2745.13974.

Avec la sécheresse les abeilles font face à une nouvelle odeur de garrigue méditerranéenne et à la diminution du nectar de thym.

Le manque d’eau, modifie l’odeur des fleurs et le comportement des pollinisateurs. Cela perturbe les abeilles notamment la canicule accentue le phénomène. Pour repérer les fleurs, les abeilles utilisent différentes informations, la forme, la grandeur les couleurs, les odeurs. Les fleurs de la garrigue méditerranéenne changent de parfum en fonction de la disponibilité de l’eau selon les chercheurs de l’IMBE d’Aix Marseille Université.

Pour étudier l’impact des changements de précipitation une vingtaine de plateformes munies de gouttières ont été installées dans la garrigue. Sous les dix premières, l’eau tombe au sol normalement. Les autres évacuent environ 12% de l’eau de pluie.

Les scientifiques ont installé des structures dans la garrigue pour mesurer l'impact de la sécheresse sur les écosystèmes.

Les scientifiques ont installé des structures dans la garrigue pour mesurer l’impact de la sécheresse sur les écosystèmes. IMBE 

La sécheresse modifie qualitativement les émissions florales du thym, du Cyste et du romarin. Seul le thym réduit sa production de nectar. L’abeille domestique Apis mellifera et le bourdon commun Bombus terrestris visitent plus de fleurs dans les parcelles témoins de contrôle que dans les parcelles ou la sécheresse est augmentée. A l’inverse les petites abeilles sauvages visaient plus de fleurs dans les parcelles de sécheresse que dans les parcelles de contrôle. La richesse en espèces de pollinisateurs ne change pas entre les traitements. L’aridité accrue due au changement climatique devrait être plus forte que la baisse de 12%  de l’expérimentation. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que ce sont 20 à 30% de précipitations en moins qui arriveront au sol. La sécheresse perturbe les plantes, quand les précipitations diminuent, le thym produit jusqu’à quatre fois moins de nectar. Le manque d’eau est un des facteurs qui impacte les écosystèmes et les pollinisateurs. 

Observatoire de la production de miel 2022 (données 2021)

Des rendements en baisse en 2021 par rapport à 2020

Entre 2020 et 2021, la production de miel a fortement diminué dans toutes les régions de France sauf en Corse. Les pertes les plus importantes concernent le Nord-Est de la France. La production de la région Bourgogne-Franche-Comté a reculé de 72,2 % (2 747 tonnes en 2020 et 762 tonnes en 2021) et celle du Grand-Est de 67,2 %. (4 201 tonnes en 2020 et 1 378 tonnes en 2021). 

Le rendement de l’année 2021 est estimé à 14 kg/ruche, soit 40 % de moins qu’en 2020. Il s’agit du niveau le plus faible enregistré depuis le début de l’observatoire. Les apiculteurs professionnels obtiennent de meilleurs résultats, notamment les apiculteurs de plus de 400 ruches qui parviennent à un niveau de 19 kg/ruche. À l’inverse, les moins de 50 ruches passent tout juste le seuil des 10 kg/ruche.

Figure de l’Observatoire de la production de miel et gelée royale FranceAgriMer 2022

Formation à la lutte contre le Varroa au Rucher « La Santé de l’Abeille » CDT Lanteri à la 13ème DBLE de La Cavalerie- 23 juillet 2022

Jean BLANCHOT

La Section Apicole de la FRGDS Occitanie et le GDSA12 ont organisé une seconde formation sur la lutte contre le varroa (Varroa destructor) au rucher « La Santé de l’Abeille » Cdt François Lanteri dans l’enceinte de la 13e DBLE.

Le Varrao est l’ennemi N°1 de nos abeilles. Toutes les colonies sont infectées. Il convient de le connaître, de surveiller le degré d’infestation et de réduire le nombre des parasites pour ne pas dépasser le seuil clef, celui à partir duquel la production des produits de la ruche sera impactée et celui à partir duquel la mort des colonies est inéluctable.

Le matin, le Dr. Vet Anne Le Jan spécialisée en pathologie apicole a fait une présentation particulièrement documentée dans l’amphithéâtre Pierre Schoendoerffer. Le Cours a abordé les points essentiels suivants:

  •  Connaissance du varroa, identifier le varroa et connaître son cycle de développement.
  • Les conséquences de la varroose sur la colonie, perte de production et mort.
  • Les maladies liées au parasite, les seuils de tolérance identifiés par des comptages du parasite. Les seuils d’abondance déclenchent le traitement, en suivant la posologie des médicaments AMM. 
  • Les méthodes biotechniques utilisent une absence de couvain pour traiter avec de l’acide oxalique par une action flash.
  •  Comme les varroas déposent préférentiellement leurs œufs dans le couvain mâle. La pose de cadres à mâles et la destruction du couvain mâle avant l’émergence des mâles (21 jours) permet de diminuer la pression sur la colonie. Au printemps la destruction du couvain mâle peut être répéter plusieurs fois.
  • Un plateau grillagé est conseillé car il empêche les acariens qui tombent de revenir dans la ruche.
  • Les souches des abeilles qui réagissent à l’infestation par le parasite. 
    • Les abeilles hygiénistes VSH (Varroa Sensitive Hygienic) qui nettoient bien le couvain malade ou mort. Les colonies d’abeilles résistantes au varroa.
    • Les abeilles SMR (Suppressed Mite Reproduction) capables de détecter des nymphes infestées par des varroas femelles qui pondent des œufs et de les éliminer, alors qu’elles n’éliminent pas les nymphes infestées par des varroas incapables de se reproduire. http://www.abeille-hygienique.magix.net/vsh.htm

A midi un pot d’accueil et le repas ont été pris au mess des Sous-Officiers de la légion. Une fois de plus, le service de restauration de la légion a pris grand soin de ses hôtes.

L’après-midi, la phase pratique s’est déroulée sur le rucher-école Cdt François Lanteri. Des précautions particulières avaient été prises pour éviter que les enfumoirs ne déclenchent un départ de feu.

Le matériel et les fiches préparées par Stéphane Bourdon TSA en charge du Séveragais ont permis de réaliser des démonstrations faites par les acteurs sanitaires du Sud-Aveyron qui encadraient cette activité.

Le parasite a été identifié et observé.

Les auditeurs ont pu procéder à des opérations de comptages sur le rucher par trois méthodes : le comptage sur lange., le comptage du Varroa avec testeur au C0² et avec du sucre-glace.

Bonne nouvelle, les vingt ruches du rucher avaient un taux d’infestation remarquablement bas pour la saison (moins de 3 varroas pour 100 abeilles), preuve que les élèves du rucher et leurs formateurs appliquent à la lettre les consignes sanitaires du GDSA12 et emploient des produits de traitement fiables.

Sur le terrain, les différents produits AMM et leur mode d’utilisation ont été présentés par le Dr V. Anne Le Jan et les Techniciens Sanitaires Apicoles du secteur.

Le guide VARROA et VARROOSE peut être obtenu à la FNOSAD en contactant fnosad.Isa@gmail.com

Une grande plante mellifère de saison: L’eupatoire à feuille de chanvre

L’eupatoire à feuille de chanvre

L’eupatoire à feuille de chanvre Eupatorium cannabinum est une grande plante mellifère qui fleurit en été le long des ruisseaux et des points d’eau. Elle doit son nom à la ressemblance de ses feuilles à celles du cannabis ou chanvre indien. Ses feuilles vert sombre sont divisées et lancéolées. Ses fleurs sont en capitules, c’est-à-dire «composées » de nombreuses petites fleurs. Les fleurs composées (astéracées) sont grandes, plus de 10cm; leur couleur est violette. Une fois fanées elles restent belles durant l’hiver car les fruits surmontés de petites aigrettes duveteuses sont belles. Le vent les dispersera. Les tiges sont hautes et robustes souvent plus d’un mètre, voire deux.

C’est une excellente plante mellifère qui attire l’œil du fait du ballet incessant les pollinisateurs, comme les abeilles et les papillons. De plus elle possède des vertus médicinales cicatrisantes et est utilisée conte les maux de tête.