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Les concours des miels : un excellent moyen de faire progresser sa pratique apicole !

Les concours des miels : un excellent moyen de faire progresser sa pratique apicole !

O. LOUBIERE

Parmi tous les moments qui rythment une année apicole, les concours des miels constituent un moment particulier. C’est un véritable point d’orgue de la saison pour les producteurs de ce nectar exceptionnel qui cherchent à se confronter à leurs pairs mais aussi à progresser dans leurs pratiques. C’est l’occasion de mettre à l’honneur le travail de nos abeilles!

Il existe en Aveyron un concours départemental officiel des miels au même titre que des concours départementaux des fromages ou encore des foies gras et salaisons.

Il existe également des concours régionaux ou nationaux, parfois réservés aux seuls apiculteurs professionnels.

LE CONCOURS DEPARTEMENTAL :

Dans le département, le concours officiel est organisé à l’automne par la Chambre d’Agriculture en étroite collaboration avec le syndicat départemental L’Abeille d’Aveyron.

Il est soumis à un règlement strict et officiel qui encadre la tenue du concours et que vous pouvez vous procurer auprès de la Chambre d’Agriculture ou du syndicat départemental.

Les 3 médailles du concours départemental aveyronnais

Le concours départemental est ouvert à la fois aux apiculteurs amateurs et professionnels, dans deux sections différentes et dans des catégories bien identifiées en fonction des origines florales.

Ce moment met en exergue la passion et le travail d’apicultrices et d’apiculteurs aveyronnais, dans un contexte toujours incertain où rien n’est jamais acquis d’avance. L’année 2021 en a été la plus parfaite illustration!

Pour certains c’est un beau moment de rencontre et de partage. Pour d’autres c’est un challenge qui pousse à l’excellence. Quoi qu’il en soit, c’est toujours un moyen de mettre nos magnifiques terroirs en avant.

N’hésitez à participer, c’est à la portée de tous et plus il y a d’échantillons, plus la crédibilité du concours est assurée.

QUELQUES CONSEILS AUX APICULTEURS AMATEURS POUR PARTICIPER AUX CONCOURS :

Si les apicultrices et apiculteurs professionnels ont logiquement le savoir faire pour produire du miel de qualité, il n’est pas toujours facile pour un apiculteur amateur qui débute de maîtriser complètement le processus. Le miel est un produit noble et chacun est garant de la qualité de sa production. Il en va de la crédibilité de l’ensemble de la communauté apicole.

Il ne faut pas oublier que derrière la mise en place d’un rucher, il existe un certain nombre de contraintes réglementaires ou même fiscales, y compris pour offrir quelques pots de miel à des amis… Il ne faut surtout pas hésiter à se renseigner sur ces sujets et le meilleur moyen d’avoir la conscience tranquille c’est d’être parfaitement en règle. Bien souvent les contraintes qui en découlent sont finalement peu de chose par rapport aux avantages procurés.

Participer à un concours c’est d’abord se donner les meilleures chances de progresser dans son activité apicole, bien avant que de participer à une compétition!

Rechercher l’excellence pour son miel c’est d’abord offrir l’excellence à ses abeilles…

Au rucher:

La qualité du miel que vous souhaitez présenter au concours dépend déjà de vos pratiques au rucher.

Bien évidemment, pas de traitement anti varroa en présence des hausses !

Les hausses utilisées seront propres et les cadres récents. Ne pas hésiter à changer les cadres trop vieux. Les cadres auront été léchés par les abeilles après la dernière extraction, de préférence en reposant les hausses sur les colonies d’origine pour éviter tout problème sanitaire ou tout phénomène de pillage.

Il est important à chaque fin de saison de retirer le pollen stocké dans les hausses vides que vous pouvez rendre aux abeilles dans le nourrisseur de la ruche. Vous éviterez ainsi les moisissures, les hausses seront moins appétentes pour la fausse teigne et vous libèrerez de la place pour y stocker le miel à la prochaine récolte. Si vous abimez une partie des cellules, ne vous inquiétez pas, les abeilles sauront réparer.

Les hausses doivent être nettoyées et les vieux cadres renouvelés

Profitez des jours froids de l’hiver pour gratter et nettoyer les hausses: la propolis sera beaucoup plus facile à décoller. Les hausses devront être stockées dans une zone aérée et propre et la moins humide possible pour éviter la moisissure. La fausse teigne déteste les courants d’air. Une bonne solution consiste à empiler les hausses sur une grille à reine doublée d’un tissu de type moustiquaire, posées sur des tasseaux, et d’utiliser le même dispositif sur le sommet de la pile: ainsi l’air pourra circuler. Si les hausses ne jointent pas correctement, vous pouvez gerber la pile avec du film transparent.

La question de l’utilisation de la grille à reine est essentielle. En l’absence de grille, il existe une probabilité que la reine monte pondre dans la hausse. Vous risquez de retrouver du couvain dans vos cadres de miel si vous extrayez assez tôt. Même après désertion de la hausse par la reine, le miel sera stocké dans les cocons de l’ancien nid à couvain. Ce n’est pas souhaitable, à plus forte raison si vous commercialisez quelques pots !

Lorsque vous allez retirer les hausses à la récolte, ne les posez pas par terre. Les spores et les bactéries peuvent y proliférer et peuvent provoquer des maladies graves comme le botulisme. Stocker vos hausses sur des supports propres et bien sur à l’abri des abeilles si vous voulez éviter un pillage spectaculaire de votre récolte !

Enfin, si vous enfumez trop votre miel, l’échantillon que vous présenterez risque de s’en ressentir. Faites un usage raisonné de l’enfumoir, quitte à utiliser un chasse-abeille pour favoriser une récolte plus apaisée.

Les analyses:

La condition nécessaire pour que son échantillon soit admis à concourir, c’est de répondre parfaitement aux critères de contrôle de qualité à partir d’analyses effectuées en laboratoires certifiés, sur la base de normes physico-chimiques.

A ce stade la bête noire de tout apiculteur reste en premier lieu le taux d’humidité exprimé en pourcentage d’eau présente dans le miel et qui ne doit pas dépasser un seuil fixé par le règlement du concours. Il y a bien évidemment un seuil imposé par la règlementation et qui est finalement assez peu contraignant.

Avec un peu d’ingéniosité, un amateur peut rapidement confectionner une chambre chaude pour déshumidifier le miel non operculé

Première bonne pratique d’extraction: ne pas hésiter à se munir d’un réfractomètre et à l’étalonner conformément aux instructions du constructeur. Cet appareil vous permettra de contrôler l’humidité du miel extrait. On en trouve à des prix tout à fait abordables et qui font correctement l’affaire. Au pire, si vous ne disposez pas de réfractomètre, ne sélectionner pour la consommation que les cadres correctement operculés.

Les seuils tolérés pour les taux d’humidité lors des concours sont plus restrictifs que les seuils règlementaires et correspondent mieux à des usages apicoles vertueux. Disons pour simplifier qu’il est de bon ton d’avoir un taux d’humidité inférieur à 18% qui correspond en moyenne au seuil choisi naturellement par les abeilles pour operculer les cellules, une fois qu’elles ont transformé et asséché les nectars. Certains apiculteurs, souvent professionnels, n’hésitent pas à passer en chambre chaude leurs hausses qu’ils récoltent, non encore complètement operculées, pour déshydrater le miel contenu dans les cellules ouvertes. Ils arrivent ainsi à atteindre des pourcentages d’humidité inférieurs à 17%. Moins le miel est humide, moins il a de chance de fermenter.

Attention, sur une année particulièrement humide, on peut se faire piéger par la partie non operculée des cadres et ce d’autant plus si l’extraction se fait par temps de pluie. L’année 2021 en est un triste exemple…

Réfractomètre et son produit d’étalonnage

Les analyses vont également contrôler un certain nombre d’autres points.

On peut citer par exemple la recherche de sucres additionnels (phénomène d’adultération du miel), lié à une remontée de sirop dans les hausses issue de mauvaises pratiques apicoles.

On ne le dira jamais assez, un apiculteur digne de ce nom ne nourrit jamais en présence de hausses ou même très peu de temps avant la pose des hausses!

On peut également mentionner la mesure HMF (Hydroxy-Méthyl-Furfural) qui mesure la déshydratation de certains sucres, notamment le fructose contenu dans le miel. Pour faire simple, un taux élevé est caractéristique d’un excès de chaleur (chauffage du miel notamment) ou d’une durée de stockage trop importante (miel trop âgé). Cette mesure est donc un bon moyen d’estimer le niveau de « dégradation » du miel au delà duquel un miel est jugé impropre à la consommation.

D’autres mesures son effectuées, notamment des analyses de pollen fondamentales pour qualifier les miels mono-floraux.

Rapport d’analyses du CETAM pour le concours départemental

L’extraction et le processus de filtrage et de décantation :

Au delà du tour de main, on arrive là à la difficile question du matériel d’extraction qui reste assez coûteux lorsque l’on ne possède que quelques ruches!

En l’absence de miellerie collective, il ne faut pas hésiter à se rapprocher du syndicat départemental qui prête à ses adhérents une partie du matériel. Une autre solution réside dans l’achat en copropriété de matériel d’extraction ou parfois même dans la location.

En tout état de cause, ce matériel doit être nettoyé avant et après utilisation et stocké le reste de l’année dans des conditions d’hygiène irréprochables.

Le local dans lequel l’extraction sera réalisée sera également propre et exempt de poussière. Biens des apicultrices et apiculteurs amateurs procèdent donc à l’extraction dans leur cuisine…

La limpidité de l’échantillon présentée au concours sera évaluée. Il convient donc de le filtrer correctement (système de double tamis par exemple). Il faudra également le laisser décanter dans un maturateur muni d’un robinet dans sa partie basse. Après plusieurs jours (une semaine par exemple), un chapeau ressemblant à de l’écume se formera à la surface. Il est constitué essentiellement de minuscules déchets de cire ou de propolis, et de bulles d’air.

Le miel sera soutiré par le robinet du bas en évitant de mettre en pots le chapeau supérieur formé à la surface du décanteur !

Le terroir, la touche indispensable…

C’est évidemment l’élément décisif pour voir son miel primé! Chaque terroir est différent et il ne faut pas hésiter lorsque c’est possible à tester des emplacements. Les années se suivent et ne se ressemblent pas mais il y a souvent une caractéristique dominante qui persiste sur un même lieu. Tout dépend évidemment de la diversité florale présente.

N’hésitez pas quand vous le pouvez à fractionner vos ruchers pour bénéficier de variantes dans les nectars récoltés par les abeilles.

LE RUCHER SANTE DE L’ABEILLE DE VILLEFRANCHE DE ROUERGUE RÉCOMPENSÉ AU CONCOURS RÉGIONAL DES MIELS DE TOULOUSE

Le cru 2021 a obtenu une médaille d’argent le 21 novembre 2021 à Toulouse. C’est un miel poly floral excellent issu des fruitiers, du trèfle blanc, du mélilot des Causses et du châtaignier du Ségala. Une belle récompense pour les apiculteurs investis dans ce projet, sur le rucher communal, en partenariat avec le GDSA 12 et la commune de Villefranche.

Une quarantaine de pots du miel primé ont été offerts aux écoles maternelles de la commune. Jean-Marie BUGAREL, élu, encadré par Jean-Pierre MANGE et Michel RIVES du GDSA 12.

CONCOURS DES MIELS: LES RETOURS D’EXPERIENCE D’APICULTEURS MEMBRES DU GDSA 12

Catégorie amateurs: Rucher de Vigane/ Famille LABORIE-LOUBIERE

« Nous avons démarré l’apiculture en amateurs avec trois ruches en 2018. Si certains pratiquent l’apiculture en solitaire, c’est en famille que nous conduisons désormais une trentaine de ruches à 800 m d’altitude sur le Carladez.

Nous participons au concours départemental chaque année depuis le début, non par esprit de compétition mais au départ par besoin de confronter notre pratique à l’analyse rationnelle d’un laboratoire certifié. En tant que débutant il est difficile de savoir si on est dans le vrai. C’est aussi s’imposer une certaine rigueur qui nous tire vers le haut. L’analyse des pollens est très intéressante et parfois même surprenante. Et puis on a fini par se piquer au jeu.

Après avoir bénéficier des formations du syndicat départemental sur le rucher école de Toizac, nous avons beaucoup appris de par nous-mêmes, notamment dans les livres, les revues spécialisées ou sur Internet.

Nous nous considérons plus comme des cueilleurs de miel au gré des aléas et des essaimages. Dame nature guide notre action et comme tout apicultrice ou tout apiculteur qui se respecte, nous essayons de faire preuve d’adaptation. Nous ne cherchons pas à forcer les choses car nous n’avons pas la contrainte de vivre de notre passion.

Comme nous habitons assez loin de nos ruchers, nous ne pouvons pas avoir une conduite intensive de nos colonies. Pour autant nous respectons les fondamentaux, notamment en matière sanitaire et nous effectuons une surveillance très régulière. C’est ainsi que nous avons dû nourrir en catastrophe au printemps 2021. Chaque fois que nous installons un essaim dans une caisse, nous nous en sentons responsables.

Nous bénéficions d’un très beau terroir d’altitude, très propre et qui amortit les phénomènes de sècheresse. A coté des traitements classiques, l’essaimage naturel nous aide à gérer le varroa grâce aux arrêts de ponte. Nous soignons la mise en hivernage. Au final, nous avons le bonheur d’avoir pour l’instant très peu de pertes.

Il faut reconnaître toutefois que nos abeilles de souches initiales Buckfast sont devenues assez « soupe au lait » à cause du phénomène d’hybridation propre aux remèrages naturels. Les gants épais et une bonne combinaison sont obligatoires !

Nous ne stimulons pas les ruches de production au printemps, nous ramassons déjà assez d’essaims dans les arbres ! Nous évitons ainsi de fait tout risque d’adultération du miel.

Nous utilisons systématiquement des grilles à reine.

Pour l’essentiel, nous produisons du miel d’été, sauf en cas d’année exceptionnelle où nous pouvons récolter un peu de miel de printemps.

Nous soignons la récolte et l’extraction, en général fin juillet.

Nous veillons à la propreté irréprochable du matériel et du local d’extraction. Le miel est filtré puis décanté dans des maturateurs. Le miel stocké dans les différents cadres n’est pas homogène et dépend des nectars récoltés au fil de la saison. Pour assurer l’homogénéité de l’ensemble des pots de miels, chaque fois que nous sous-tirons une cuve d’extracteur, nous répartissons le volume récolté de façon équitable entre tous les maturateurs.

Travaillant avec une petite quantité, nous ne chauffons ni ne défigeons jamais le miel qui est mis intégralement en pots après la phase de maturation. Le phénomène de cristallisation est pour nous le gage d’un produit naturel qui conserve toutes ses propriétés bénéfiques.

Nous utilisons un réfractomètre pour contrôler le taux d’humidité et à l’extraction aussi nous essayons de faire preuve d’adaptation. En 2021, nous avons dû installer à la va-vite une pièce chauffée avec un déshumidificateur et des ventilateurs pour terminer d’assécher le miel dans les cadres non complètement operculés.

En 2022, nous installons un troisième rucher à proximité de quelques châtaigniers pour aller chercher des tonalités différentes dans les saveurs. C’est aussi un moyen de diviser pour mieux régner en travaillant plus sereinement sur le rucher avec un nombre de ruches plus réduit et en assurant suffisamment de ressources en nectar ou en pollen. C’est enfin limiter le risque sanitaire.

En 2021, après une saison particulièrement difficile, la médaille d’or obtenue au concours départemental a été la cerise sur la gâteau en plus d’avoir flatté notre égo ! »

Les souvenirs d’une saison d’apiculteurs amateurs

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